Les métamorphoses d’Hendrix

GABI GUITARES 2Cette chronique échappe par son format et son sujet aux habituelles chroniques de ce blog consacré au numérique. Elle est l’occasion pour un fan de se faire plaisir, tout en s’excusant de sa longueur inusitée. Elle n’est cependant pas complètement hors sujet.
Un nouvel album d’Hendrix, Both Sides of the Sky, paraît en ce mois de mars 2018. Quarante-huit ans après sa mort, le guitariste continue de publier des œuvres originales. Cet exploit ne doit rien au spiritisme, aux techniques d’Alan Kardec ou de l’art de faire tourner les tables pour écouter l’âme des morts. Mais il doit beaucoup aux techniques du numérique et aux méandres du droit de propriété intellectuelle, sujets de ce blog.
Cette histoire mérite d’être contée.

Les enregistrements d’Hendrix

L’ancien bassiste du groupe The Animals, Chas Chandler décide en 1966 de se reconvertir. Son groupe a connu un énorme succès en 1964 avec House of the rising sun, mais il est en perte de vitesse. Chas souhaite devenir manager. En octobre 1966, il débarque à l’aéroport de Londres avec un guitariste prodige qu’il a rencontré à New York, James Marshall Hendrix.
Il lui donne un nom de scène, Jimi Hendrix, et réunit autour de lui une petite équipe. L’ancien manager du groupe The Animals, Mike Jeffery l’épaule pour la partie administrative et commerciale. Mitch Mitchell et Noel Redding deviennent respectivement batteur et bassiste du groupe. Au cours des premiers enregistrements le groupe est rejoint par un ingénieur du son, Eddy Kramer. Celui-ci va jouer un rôle important dans le processus créatif. Seul membre de l’équipe à avoir une véritable éducation musicale (Hendrix lui même ne sait ni lire ni écrire la musique), le sud-africain Eddy Kramer apportera un surcroit de compétence important pour l’équilibre général.
La formule musicale est novatrice. Les Who ont été le premier groupe à succès composé d’un chanteur, d’une guitare, d’une basse, et d’une batterie, Depuis Armstrong, la section rythmique comprenait trois à quatre musiciens, batterie, basse, piano et ou guitariste, devant lesquels s’agitaient un chanteur et un ou plusieurs solistes. Cette formule est encore celle des Beatles, des Stones ou des Animals. Les Who simplifient radicalement le groupe, plus de guitariste rythmique ou de clavier. Cela impose plus de rigueur aux membres, pour tenir le tempo ou l’harmonie. Mais elle apporte aussi beaucoup de liberté aux musiciens. Les Who deviennent célèbres avec leur batteur fou, Keith Moon, qui apporte un contrepoint riche au chanteur Roger Daltrey et au guitariste, Pete Thomsen. Leur bassiste John Entwistle n’hésite pas à faire un solo, comme sur le premier succès du groupe, My Generation en 1965, et lui aussi, au lieu de se contenter de tenir le rythme fournit un complexe contrepoint.
Un autre groupe, Cream est formé en 1966 autour d’Eric Clapton. Il adopte la même formule instrumentale, mais avec plus de virtuosité (Jack Bruce et Ginger Baker qui tiennent la basse et la batterie sont à l’origine des musiciens de jazz).
Le Jimi Hendrix Experience est dans la continuité des Who et de Cream. A la formule novatrice du groupe, il ajoute la personnalité d’Hendrix lui même. C’est un homme jeune (il a 24 ans en 1966). Il n’hésite pas aussi bien en studio que sur scène à utiliser tous les ressources que permet l’amplification de l’instrument : distorsion, larsen, pédales d’effet, empruntant à Pete Thomsen et à Eric Clapton. En même temps il est un noir américain. Il apporte une voix, une compétence dans le blues, qui donne une profondeur humaine inusitée au groupe, l’impression d’entendre la musique d’une autre époque et d’un autre lieu (beaucoup de vieux bluesmen reconnaîtront Hendrix comme l’un des leurs).
La petite équipe ainsi constituée, avec des remaniements va enregistrer jusqu’à la mort du guitariste en septembre 1970. Elle a signé un contrat avec Track Record, la compagnie d ‘enregistrement des Who et de leurs managers Chris Stamp et Kit Lambert.
Les enregistrements réalisés par cette équipe peuvent se classer en trois groupes :

  • studio : cela comprend les morceaux destinés à être publiés, des essais préalables, parfois avec d’autres musiciens, des répétitions pour préparer les concerts, des séances parfois interminables où Hendrix tente de créer des formes musicales. Se rattachent à ce bloc des enregistrements de travail, avec une guitare acoustique pour créer de nouveaux morceaux, ou les enregistrements de la BBC (pour éviter de payer des droits aux maisons de disque, la chaine publique anglaise faisait réengistrer aux groupes leurs morceaux) ; ne sachant pas lire la musique, et en même temps perfectionniste maladif, Hendrix ne cesse d’enregistrer pour s’écouter et écouter le travail de ses accompagnateurs ;
  • publics : Le groupe va donner du 13 octobre 1966 au 6 septembre 1970, 527 concerts répertoriés. Il a sans arrêt besoin d’argent. Pour soutenir un train de vie échevelé, mais aussi pour financer les séances d’enregistrement, et à partir de 1969, la construction de son propre studio à New York. Les concerts sont un moyen rapide pour faire rentrer de l’argent. Outre les enregistrements pirates de qualité incertaine, une vingtaine de ces concerts ont été enregistrés de manière professionnelle, soit pour préparer la publication d’un éventuel album public, soit parce qu’ils avaient lieu dans le cadre d’un festival dont les promoteurs espéraient tirer documentaires et disques souvenirs ; la connaissance de la musique d’Hendrix passe beaucoup par ces concerts, car l’interprétation pouvait beaucoup changer d’un concert à l’autre et par rapport aux enregistrements studio. D’autre part, le groupe faisait beaucoup de reprises de morceaux d’autres artistes qui n’existent que dans les version concert ;
  • Les enregistrements d’avant la gloire : Hendrix lorsqu’il est découvert a déjà plusieurs années de carrière. C’est un musicien compétent qui a beaucoup tourné dans le Chitlin Circuit, le circuit des salles destinées au public afro-américain. Il a travaillé avec des gens comme Little Richard ou les Isley Brother. Il a aussi enregistré pour des musiciens moins connus comme Lonny Youngblood ou Curtis Knight. Dans tous ces enregistrements, Hendrix est un simple collaborateur, mais les artistes et producteurs qui les ont fait s’efforceront ensuite de profiter de sa gloire. Surtout les séances avec Knight font l’objet d’un contrat d’exclusivité pour trois ans avec le producteur Ed Chalpin, signé le 15 octobre 1965. Ce document va jouer un rôle majeur dans la publication des enregistrements.

A partir du moment ou Hendrix sera devenu célèbre, Chalpin se rappellera à son souvenir pour réclamer sa part du gâteau. Il possède le droit d’édition sur tout enregistrement du musicien du fait de ce contrat. Les producteurs et managers qui ont financé ces enregistrements n’entendent pas se faire voler par ce coucou venu de nulle part, et vont longuement négocier avec lui pour limiter ses prétentions.
Pour compliquer encore un peu plus la situation, l’équipe a besoin de faire rentrer de l’argent. Contre des avances financières, Mike Jeffery cède les droits des concerts enregistrés.
En synthèse, au moment de la mort du guitariste il existe une montagne d’enregistrements, dont seulement une partie est publiée, et dont la propriété intellectuelle se repartit entre une multitude d’intervenants.

Les publications du vivant d’Hendrix

On résume généralement les publications du vivant d’Hendrix à trois albums studio etGabi guitare un live. C’est une vue réductrice qui rend mal compte de la réalité.

L’ère Chandler

De octobre 1966 à avril 1968, Chas Chandler est aux commandes. C’est à l’époque de la transition entre le 45T et le 33T. Les artistes sont invités à publier des 45T avant d’être autoriser à sortir des albums, plus onéreux à produire.
Le groupe publie un premier 45T le 16 décembre 1966, avec en face A Hey Joe qui est un succès immédiat. Ils enchainent avec deux autres 45T, dont le premier contient Purple Haze qui est aussi un succès. Enfin le premier album Are you experienced paraît le 12 mai 1967. Il ne contient aucun des titres des 45T. Cependant c’est un succès (2ème au classement des ventes au Royaume Uni). Mais le distributeur américain demande que les faces A des trois 45T soient réintroduits sur l’album, au détriment d’autres morceaux (en particulier de Red House qui sera un des titres les plus joués en concert). Cette version aménagée est publiée en aout 1967 et connaît aussi le succès (en juin, Hendrix vient de voler la vedette à tous les groupes présents au Monterey Pop Festival). Un autre 45T parait en août, avec le titre Burning of the Midnight Lamp.
Un deuxième album est publié en décembre 1967, Axis : Bold as Love. Le son est enrichi par l’apport d’instruments extérieurs comme le piano, la flute, ou le glockenspiel. Des effets stéreo sont ajoutés. Mais globalement ce deuxième album produit par Chas Chandler est dans la lignée du précédent (et il ne contient pas toujours les titres du 45T)
Le groupe a à peine plus d’un an d’existence, mais il publie une compilation des meilleurs titres. Smash Hits sort en avril 1968 en Grande-Bretagne. Il contient tous les titres de 45T, plus quelques titres de Are you Experienced. Les fans américains devront attendre juillet 1969 pour avoir cet album dans une version très remaniée. Elle contient les titres retirés de la version américaine de Are you Experienced, dont Red House dans une version différente de celle de l’album original. Sont aussi ajoutés des titres de Electric Ladyland.
A ce stade, le Jimi Hendrix Experience a enregistré 3 albums dont deux dans des versions différentes selon les continents. Les fans britanniques qui ont les deux premiers albums, sont obligés d’acheter la compilation s’ils veulent avoir les plus gros succès du groupe.

Electric Ladyland

En 1968, Chandler et Hendrix ne peuvent plus se supporter. La rigueur de l’un fait mauvais ménage avec l’indiscipline et le perfectionnisme maniaque de l’autre. Le manager part pendant les séances d’enregistrement de la nouvelle œuvre. Electric Ladyland sort en octobre 1968 et est un énorme succès. C’est un double album, même si la maison de disque Tracks Record publie une version en un seul disque (avec la face 2 et 4 de l’album original). Il est considéré, à raison comme l’acmé de l’œuvre d’Hendrix. C’est en même temps une œuvre à part.
Les enregistrements de l’époque Chandler ont été fait, à Londres par une très petite équipe, les trois musiciens, Chandler et Eddy Kramer et un ou deux ingénieurs du son différents. Electric Ladyland voit intervenir de nombreux musiciens additionnels comme Stevie Winwood ou Buddy Miles. Redding est écarté de beaucoup de séances d’enregistrements (il obtient cependant d’avoir une de ses compositions enregistrée). Le studio est le quatrième instrument du groupe. Il permet de faire des effets spéciaux, d’ajouter des instruments en réenregistrant sur les bandes, de faire tourner les bandes à l’envers… Quasiment aucun des morceaux ne sera joué en public. Sur les 16 titres de l’album seulement trois seront joués en concert : Burning of the Midnight Lamp, mais c’est un titre de la période Chandler, et il n’est joué régulièrement sur scène que pendant ces deux premières années ; All along the watchtower, le hit du disque, mais il n’est joué que dans les tous derniers concerts en 1970 ; Voodoo Child (Slight Return) sera le seul morceau à s’imposer durablement dans la liste des morceaux joués en concert.
Electric Ladyland est une œuvre de studio où les techniques d’enregistrement comptent autant que les instruments joués, et donc difficilement reproductible sur scène (à l’époque les Beatles ont totalement arrêté de jouer sur scène).

Les albums publics publiés du vivant d’Hendrix

1969 est une année blanche en matière de publication. Le groupe tourne sur scène pour faire rentrer de l’argent. En Juin, Noel Redding s’en va, remplacé par un ancien ami d’Hendrix, Billy Cox. Par ailleurs les avocats s’agitent pour régler le problème Ed Chalpin.
Un accord est trouvé pour désintéresser le producteur. Hendrix publiera un album en public, dont Chalpin aura les droits en contrepartie de l’abandon de ses autres exigences. Band of gypsys sort en mars 1970. C’est le résultat d’une série de concerts publics au Fillmore East. Il ne contient que des titres originaux, joués par un groupe d’afro-américains, habitués du Chitlin Circuit. Hendrix est accompagné par Billy Cox et Buddy Miles, deux anciens amis. C’est loin d’être un disque bâclé. Certes le choix de l’enregistrement public vise à limiter la location de studio, certes aussi deux titres de Buddy Miles sont introduits, limitant la part d’Hendrix. Mais ces titres ne sont pas mauvais et l’enregistrement fait l’objet une travail important de post-production en studio. En mars, le groupe se sépare. De nombreuses explications ont été avancées, mais le plus probable est que l’association avec Buddy Miles n’était pas viable. Miles était une forte personnalité, leader de groupe. Le timide Hendrix ne devait pas parvenir à contrôler. Si Hendrix voulait rester la vedette principale, le départ de Miles était nécessaire.
Mais l’album le plus important de cette période, c’est le documentaire de Woodstock.
En aout 1969, le festival a été un désastre artistique pour Hendrix.
Hendrix a beaucoup préparé le concert, prévoyant sans doute d’en faire le point de départ d’une nouvelle carrière. Il s’achète une superbe tenue de scène, une veste à franche rappelant ses origines indiennes. Il recrute un groupe ad hoc, le Gypsy Sun and Rainbow. Celui ci comprend à coté du trio habituel, composé de Billy Cox et Mitch Mitchell et lui même, un guitariste rythmique, Larry Lee et deux percussionnistes, Juma Sultan et Jerry Velez. Le groupe répète un répertoire totalement différent de celui de l’Experience.
Le concert d’Hendrix doit être le point d’orgue final du festival. Mais du fait des retards pris, il n’arrive sur scène que le lundi matin, alors que presque tous les festivaliers sont partis. Faute de répétitions, fatigué par l’attente, le groupe joue mal. Le public est sans doute surpris par un répertoire qu’il ne connaît pas, et finalement Hendrix le récompense en jouant ses succès habituels.
Le concert a aussi été un désastre commercial pour les organisateurs, la plupart des spectateurs n’ayant pas payé. Le documentaire (film et disque) doit permettre aux organisateurs de se refaire. Le film sera le documentaire musical le plus vendu de l’histoire. Le triple album, Woodstock: Music from the Original Soundtrack and More paraît en mai 1970, il se vend bien aussi et se termine par quinze minutes extraites du concert d’Hendrix. Elles ont fait l’objet d’un travail de post production important. Les musiciens additionnels sont effacés (il n’est possible d’entendre que le trio de base). De la séquence finale sur concert sont extraits, avec plusieurs coupures, l’hymne américain, Star Spangled Banner, Purple Haze, et une longue ballade Villanova Jonction. L’ensemble doit beaucoup au travail en studio et les spectateurs n’ont pas du entendre la même chose.
Mais ces quinze minutes ont le mérite d’être un résumé exceptionnel de l’époque. A la fureur bruitiste entre free jazz et musique contemporaine de l’interprétation de l’hymne américain succède le rock ouvertement sexuel de Purple Haze. Le tout termine par le blues mélancolique de Villanova Jonction. Bien que n’étant sur aucune publication officielle d’Hendrix, cet enregistrement est sans doute la plus célèbre du musicien.
Ce documentaire étant un succès et l’album studio n’étant pas prêt, les producteurs décident de refaire le coup avec le festival de Monterey. Historic Performances Recorded at the Monterey International Pop Festival est publié en août 1970 (deux ans après l’événement). Il comprend une face avec le Jimi Hendrix Experience et une face avec Otis Redding, artiste de soul mort dans un accident d’avion en décembre 1967. C’est un mariage curieux entre deux artistes ayant des publics très différents, malgré des racines communes. Il comprend la célèbre interprétation de Wild Thing des Troggs, qui clôture le concert avec l’incendie et la destruction de la guitare.
A ce stade il existe donc quatre album studio (Experienced, Axis, Smash Hits, Electric Ladyland) et trois album en public (Band of Gypsys, Woodstock et Monterey) indispensables pour connaître l’œuvre d’Hendrix.
A coté Chalpin a sorti ses disques avec Curtis Knight en les ornant de magnifiques photos de concert de l’Experience n’ayant pas grand rapport avec le contenu.
Mais l’album studio qui doit succéder à Electric Ladyland n’est toujours pas paru.

L’ère Jeffery

Hendrix meurt le 18 septembre 1970 à Londres d’une overdose de somnifères.
Mike Jeffery, son manager, n’a plus d’artiste mais il est toujours engagé à sortir deux albums. Il demande donc à l’équipe restante, Eddy Kramer, Mitch Mitchell et Billy Cox, de finir le travail.
Cry of Love sort en mars 1971. Ce n’est certainement pas l’album qu’aurait sorti Hendrix. Il ne comprend pas le titre évident qui aurait pu tourner sur les radios. Il ne comprend pas non plus la grande suite comme il en avait fait avec la troisième face d’Electric Ladyland. Mais tel quel il est un témoignage de l’évolution d’Hendrix. Une plus grande complexité rythmique, l’emploi de percussions additionnelles, l’utilisation de figures rythmiques et harmoniques s’enchevêtrant montre un profond changement, en ligne avec l’évolution d’un groupe comme Santana et surtout ce que feront les musiciens noirs avec des albums comme What’s going on, ou les disques du Miles Davis électrique. On comprend mieux ce qu’il a essayé de faire à Woodstock, avec son groupe de six musiciens, sans être sur qu’il aurait été capable de parvenir à une formalisation définitive sur scène.
Le deuxième album annoncé est Rainbow Bridge paru en octobre 1971. Le stock d’enregistrement studio apparaît déjà n’être pas inépuisable. A coté de trois enregistrements venant des séances préparatoires au futur album, il y a une chute des séances avec Noel Redding (Look over younder), un morceau enregistré avec le Band of Gypsys (Room full of mirrors), un morceau en public (Hear my train is coming), et deux instrumentaux (Pali Gap et une version studio de l’arrangement du Star Spangled Banner). Il n’est déjà plus possible de produire un album cohérent avec ce qui reste. C’est cependant encore un très bon album.
Cette même année 1971, Jeffery publie deux disques extraits de concert, Expérience qui présente quatre titres du concert de la formation avec Noel Redding à l’Albert Hall, et Isle of Wight, qui présente une partie de la prestation réalisée à l’occasion du festival tenu sur cette ile en 1970.
L’année qui suit la mort d’Hendrix est donc celle où se publient le plus d’album du guitariste.
Jeffery aurait pu s’en tenir là. Il a publié l’essentiel des titres studios proches de l’achèvement et il n’a pas tous les droits sur les concerts. Il décide de continuer cependant sur un rythme équivalent en 1972. Sortent In the West, extraits de concerts divers, dont Jeffery masque l’origine car il n’a pas tous les droits sur les enregistrements, More Expérience, un autre extrait des concert de l’Albert Hall, et un dernier album studio produit par Eddy Kramer, War Heroes.
En 1973 il commence l’année avec Loose Ends. Eddy Kramer a jeté l’éponge et est remplacé par son ancien assistant , John Jansen qui signe d’un pseudonyme. On commence à faire dans le glauque et l’inutile. Paraît aussi en août 1973 Soundtrack Recordings from the Film Jimi Hendrix, bande son d’un film sur le musicien. Ce double album, peut contenter les amateurs de concerts.
En parallèle les anciens patrons d’Hendrix s’efforcent de profiter de la gloire de ce collaborateur qu’ils ont un peu fréquenté. Little Richard, Lonny Youngblood, les inévitables Chalpin et Knight publient des albums avec de superbes photos ou dessins de Hendrix. Des pirates réussissent à avoir accès à des bandes de concert. Le concert de Stockholm, celui de l’Olympia circulent parfois de manière quasi-officielle.
La période Jeffery s’achève brutalement le 5 mars 1973 avec la collision de deux avions au dessus de Nantes. Le manager qui avait embarqué dans le vol d’Iberia meurt sur le coup.

Les débuts de l’ère Douglas

Jeffery est maintenant décédé, mais il reste une montagne de bandes magnétiques non publiée. La compagnie de disque demande au producteur Alan Douglas de valoriser ce qui reste. Douglas (1931-2014) est un producteur connu dans le jazz. Son fait d’arme le plus célèbre est Money Jungle, publié en février 1963 par un trio composé de trois grands du jazz, Duke Ellington, Charles Mingus et Max Roach. Il a un peu travaillé avec Hendrix dans sa période Band of Gypsys.
Douglas plonge dans la montagne et comprend rapidement que l’essentiel est déjà exploité. Il ne reste que des prises différentes de titres déjà publiés, des morceaux pas terminés ou comportant des fautes grossières des musiciens.
Douglas va alors effectuer l’irréparable. Il ne garde que les pistes de la voix d’Hendrix et de sa guitare, et demande à des musiciens de compléter l’enregistrement. De plus, comme il a du totalement réarrangé ces morceaux, il les cosigne en tant qu’auteur au coté d’Hendrix. Il publie avec ce procédé deux albums, Crash Landing en mars 1975 et Midnight Lighting en novembre de la même année. Le succès est au rendez-vous à nouveau mais le scandale est énorme parmi les fans, au point que Douglas et la maison de disque ne publient plus rien pendant cinq ans.
Il recommence les publications à partir de 1980. Mais il ne s’agit plus alors que d’enregistrements plus confidentiels. Il travaille pour des amateurs de musique pour qui l’authenticité à de l’importance. Il publie ainsi en 1980 Nine to the Universe, un album instrumental avec des musiciens de jazz, donne des versions plus complètes des concerts, dont la maison de disque rachète progressivement les droits pour pouvoir les éditer.

GABI GUITARES 3L’arrivée du numérique

Surtout à partir de l’arrivée du compact disc en 1982 il se charge de la réédition du catalogue original. Le Compact est un format numérique, plus petit, plus maniable, avec moins de souffle. Il est au départ refusé par les amateurs de musique car la bande passante est souvent compressée, donnant des publications moins brillantes, moins claires que les disques analogiques. Mais les techniques du numériques permettent également remastériser les bandes, et de faire ressortir des détails disparus, et d’allonger la durée des disques. Il republie ainsi les trois albums originaux. Il ajoute à Are You Experienced les titres des trois 45T originaux, ce qui évite de devoir rééditer Smash Hits. Electric Ladyland sort dans une version sur un CD. Il ajoute aussi des titres au disque Band of gypsys, annonçant la mode des suppléments que toute l’industrie musicale va adopter. Les titres sont remastérisés. On entend désormais le moindre halètement. S’il avait connu les nouvelles techniques Hendrix aurait-il voulu cela ? Le brouillard sonore qui entourait l’édition originale de Purple Haze n’était-il pas un effet recherché, ou une limite de la technique analogique ?
Il fait aussi le choix de ne pas rééditer les disques de l’ère Jeffery. Il justifie cela par des choix musicaux, mais le plus probable est que les héritiers de Jeffery pouvaient avoir des prétentions sur ces disques posthumes et qu’il n’était pas question de partager le magot.
Enfin en 1995, il réussit un coup de maître. Il publie l’album Blues, sans doute le disque posthume ayant eu le plus grand succès. Blues rassemble des morceaux de blues joués à diverses époques par Hendrix. Les deux morceaux principaux sont l’enregistrement public de Hear my train is coming déjà publié sur Rainbow Bridge, et une nouvelle version de Voodoo Chile, le grand blues qui se trouve sur la première plage d’Electric Ladyland. Cette version est faite à partir de plusieurs versions de travail. Mais, la technique ayant évoluée, il n’y a plus besoin de musiciens additionnels pour raccorder les morceaux. Comme un logiciel de retouche photo permet de traiter séparément la lumière le contraste et la couleur, le numérique permet de retoucher séparément la tonalité, le timbre et le tempo. Cela était impossible en analogique. En accélérant un bande on pouvait mettre toutes les pièces au même tempo, mais le raccord se voyait car alors la partie accélérée avait une tonalité plus aigue. Ce tripatouillage numérique est beaucoup moins voyant car il évite d’avoir à faire appel à des musiciens additionnels comme sur Crash Landing.
Enfin en avril 1995 il publie Voodoo Soup, sa version de l’album posthume. Celle-ci est d’un esprit différent de celui de Cry of Love. Ce dernier regroupait uniquement des enregistrements de la dernière équipe qui entourait Hendrix. Alan Douglas se sert plus largement dans les titres enregistrés après Electric Ladyland. C’est de peu d’importance car la carrière de ce disque va être très courte.

L’Experience Hendrix LLC

En effet, le 26 juillet 1995, une cours de justice reconnaît à Al Hendrix, le père du musicien les droits sur l’image et la musique de son fils. Le père se battait depuis la mort de Jimi.
Désormais les droits sont gérés par une structure familiale, Experience Hendrix LLC, qui sera seule juge de ce qui peut être publié, et avec laquelle les compagnies de disque doivent négocier. En 2002 à la mort du patriarche, la direction passe à Janie Hendrix, sa fille adoptive, née d’un premier mariage de sa deuxième femme. Suit un procès avec Leon, le frère biologique de Jimi. Celui sera débouté en 2004, le tribunal reconnaissant que son père l’avait déshérité.
Les différentes manipulations, réarrangements faites sur les enregistrements dans la période posthume pouvaient donner des droits de création à ceux qui les avaient effectué. Afin d’éviter tout risque de nouveaux recours juridiques, Experience Hendrix LLC décide de ne rééditer aucuns des albums posthumes. Exit donc les publications de la période Jeffery, mais aussi la quinzaine d’albums publiés par Alan Douglas (dont deux quadruples). Seuls échappent au massacre Blues, qui a été un immense succès, et Soundtrack Recordings from the Film Jimi Hendrix, le film d’où elle est tirée restant le meilleurs témoignage d’Hendrix sur scène. On repart donc balle neuve.
Al et Janie s’entourent de John McDermott, un musicologue, et de Eddy Kramer pour tout republier. La nouvelle équipe comprend la famille, un spécialiste connu de sa musique, et un vétéran ayant longuement travaillé avec le guitariste. Elle choisit de publier sous deux formats : les publications « grand public » sont pris en charge par une grande entreprise (MCA puis Legacy, division de Sony chargée des republications du catalogue de la maison de disque) ; celles qui s’adressent aux spécialistes et amateurs éclairés paraissent sur un label créé ad hoc, Dagger Record, à la distribution plus confidentielle. La composition de l’équipe comme la politique éditoriale apporte donc caution morale, et sérieux de l’approche.
Cette nouvelle équipe publie en avril 1997 First Rays of the New Rising Sun, la nouvelle version de l’album posthume d’Hendrix. C’est donc la troisième tentative après Cry of love et Voodoo Soup. En fait c’est une version étendue de Cry of Love, avec les mêmes options : titres venus des sessions de l’été 1970, mêmes prises, mêmes arrangements. C’est aussi le même producteur (Eddy Kramer). Il ajoute donc aux titres de Cry of Love, quatre titres de Rainbow Bridge, et trois de War Heroes (Ce sont les albums posthumes qu’il avait produit). Manifestement, vingt ans avaient passés, mais Kramer était resté fidèle à ses options.
Les amateurs d’inédits purent se rattraper avec l’album suivant South Saturn Delta, qui sur 15 titres comportait 5 inédits et trois versions différentes de titres parus du vivant du guitariste. Mais le disque manque de cohérence artistique. Certains titres sont des morceaux déjà publiés mais quasiment achevés par Hendrix, d’autres étaient des versions de travail, d’autres enfin étaient des chimères, des compositions recréées en raboutant des morceaux comme cela avait été fait pour Blues.
Entretemps, les pirates continuent à publier massivement. La disparition progressive des éditions d’Alan Douglas laissait la place pour contenter les amateurs. Il circule encore beaucoup de bandes, malgré le travail de rachat de droit qu’avait du faire l’équipe Douglas. La législation italienne particulièrement laxiste permis à de petits éditeurs de publier des bandes de concert ou même de studio dont ils n’avaient pas toujours les droits.
Experience Hendrix LLC entreprend donc de tout republier (dans la mesure où il a tous les droits sur les bandes). Aux albums de concert s’ajoutent des albums de versions alternatives. Le plus connu est the Jimi Hendrix Experience Box Set, un coffret de 4 CD sous couverture pourpre paru en septembre 2000 et mélangeant versions studio alternatives et enregistrement de concert (il sera suivi en novembre 2010, par un autre coffret West Coast Seattle Boy: The Jimi Hendrix Anthology)
Les concerts sont progressivement republiés dans des versions plus ou moins complètes. A ce jour tous les concerts connus pour être correctement enregistrés ne sont pas publiés. Les fans attendent toujours une version complète du concert de Woodstock ; le concert au Albert Hall n’existe toujours pas dans une version officielle définitive.
De nouveaux disques originaux composés d’enregistrement studios paraissent, Valley of Neptune en 2010,   People, Hell and Angels en 2013 et donc Both side of the sky en mars 2018. Il y a peu de titres nouveaux dans ces albums. Il s’agit principalement de nouvelles versions de titres déjà connus, plus ou moins retravaillées numériquement pour être publiables, comme cela était le cas avec Blues. Ces disques ne sont sans intérêt, mais ils ne modifient pas fondamentalement notre connaissance de l’art du musicien.

Rééditions

Il faut dire un mot de la politique de réédition des titres anciens.
Are you experienced, a été republié en 1995 en revenant à un mixage plus proche de la version d’origine et en ajoutant les titres de 45 T comme l’avait fait Alan Douglas.
Puis en 2002, Experience Hendrix LLC décide de republier Smash Hits. Les éditions ultérieures de Are you Experienced reviennent à la version anglaise d’origine. Pour avoir tous les titres studios il faut donc acheter 4 disques (Experienced, Axis, Smash Hits, et Electric Lady land) au lieu de trois (Experienced augmenté, Axis, Electric Ladyland). De manière générale, contrairement à ce qui se fait pour d’autres auteurs du catalogue (Doors, Who, Velvet Underground, Cream, ect), Experience Hendrix LLC n’ajoute aucun bonus aux titres déjà publiés. Si vous souhaitez écouter d’autres versions, il faut acheter de nouveaux albums.
L’exemple type est Band of Gypsys. Le disque est republié sans supplément. En février 1999, sort Live at the Fillmore East, album double composé d’autres titres des mêmes concerts. Puis en septembre 2016 sort Machine Gun: The Fillmore East First Show. Ce disque reprend uniquement le contenu du premier des quatre concerts donnés au Fillmore East. Sans doute un moment la totalité des concerts et des répétitions seront publiées officiellement.
Enfin, à la surprise générale, la compagnie familiale décide de rééditer les publications de la période Jeffery. Sortent successivement In the West, dans une version augmentée, Cry of Love (l’album posthume existe donc dans deux versions au catalogue, celle-ci et First Rays of the New Rising Sun) et Rainbow Bridge (dont les morceaux ont presque tous été réédités sur différents albums).
A ce stade, l’image d’Experience Hendrix LLC s’est brouillée. La confiance des fans s’est effritée. La logique artistique n’apparaît plus. Un même morceau dans la même version existe plusieurs fois au catalogue. A part, obliger les amateurs de passer plusieurs fois devant le tiroir-caisse, il n’y a plus de justification compréhensible de la politique de publication menée. La différence entre ce que faisait Alan Douglas et la famille a disparu.

La tentation du purisme

Il est temps d’essayer de tirer la leçon de cette étonnante odyssée, qui fait de Jimi Hendrix l’un des artistes ayant publiés le plus de disques après sa mort. Il y a quelque chose de scandaleux dans cette exploitation systématique de l’image d’un mort. Le purisme consisterait à considérer que tous ce qui n’a pas reçu l’accord formel de l’artiste, soit retiré du catalogue officiel, et ne soit plus proposé à l’achat par les fans.
Le respect absolu de la volonté de l’artiste créateur devrait être la règle de conduite.

Les paradoxes de la propriété intellectuelle

La propriété intellectuelle est l’outil juridique qui doit normalement permettre ce respect de la volonté de l’artiste. Elle lui donne le droit d’interdire la publication ou l’usage de son œuvre. C’est ce droit d’interdire qui permet ensuite de se faire payer pour la reproduction de l’œuvre, mais il permet aussi de se défendre contre les caricatures, ou les mauvais usages. Dans le cas d’Hendrix, il y a un double paradoxe.
Nous ne connaissons pas le détail des contrats signés sur ces enregistrements, ni l’histoire de leurs rachats. Mais ce que l’on sait montre que le droit de propriété intellectuel a joué un rôle essentiel dans la publication de son œuvre.
Parce qu’il avait cédé une partie de ses droits à Charlin, il a été empêché de publier sa musique pendant les deux dernières années de sa vie. A l’époque, un artiste majeur produisait deux albums par an. Même en tenant compte des autres difficultés qu’a connu Hendrix pendant ces deux années (dépression, arrestation et procès pour drogue), il aurait pu et du publier plus. Sur la même période, les Doors, autre groupe majeur dirigé par un leader caractériel et dépressif, a réussi à sortir six albums studios et un double album public, composé pour moitié de titres originaux.
Les publications posthumes permettent de mesurer l’évolution du musicien pendant ces deux ans, mais nous ne saurons jamais ce qu’il aurait véritablement fait s’il n’avait pas été confronté à ces difficultés.
De même, le fait que la famille a du attendre 25 ans pour obtenir le contrôle des droits, explique le caractère erratique des publications posthumes.
Jimi Hendrix était un génie musical, mais ni lui ni son père Al n’avaient fait des études qui les préparent à discuter avec des armées d’avocats. A jamais cela nous a privé de l’œuvre artistique qu’il aurait du faire.

Collaboration

Hendrix était un virtuose doté d’une imagination exceptionnelle, et un compositeur remarquable. Mais il n’était pas vraiment fait pour être un leader de groupe. Sa seule tentative pour élargir son groupe a été faite à l’occasion de Woodstock. Elle a été un échec sans lendemain. Le groupe élargi de 6 personnes a fait quelques concerts dans le mois qui suivit, puis l’expérience s’arrêta.
Le guitariste laissa une grande liberté créatrice à ses collaborateurs. On reconnaît bien la différence entre la frappe de Mitchell et celle de Buddy Miles, la basse de Redding et celle de Cox. Les enregistrements fait par Chandler se reconnaissent aussi bien de ceux qui suivent, et les quelques musiciens extérieurs au groupes ont été choisi pour leur apport musical. Enfin j’ai dit l’importance du rôle d’Eddy Kramer.
La musique d’Hendrix était celle d’une équipe (ce qui laissa quelques regrets à quelqu’un comme Redding qui estimait que sa contribution n’était pas reconnue à sa juste valeur). Ajoutant que cette équipe travaille dans un milieu particulier, le Swinging London qui est train de bouleverser la musique, en créant ce format du Power trio, mais aussi en développant tout un instrumentarium nouveau dont va se servir Hendrix : amplis Marshall, pédales d’effet (fuzz, octavia, Wahwah).
Il n’est donc pas étonnant que les musiciens qui entouraient Hendrix et ceux qui leur ont succédé se considèrent légitime, pour compléter, modifier corriger sa musique. La musique d’Hendrix n’est simplement l’œuvre d’un génie, mais celle d’une équipe et d’une époque. Et ce n’est pas nouveau ou particulier à lui. Sans le travail de Sussmayer, le Requiem de Mozart ne serait pas connu, car il a été achevé par ce compositeur après la mort du divin Wolfgang. Sans Friedrich Cerha, l’opéra Lulu d’Alban Berg ne pourrait pas être représenté, car il n’était pas terminé. Enfin, si Maurice Ravel avait trop respecté les Tableaux d’une exposition, il n’aurait pas écrit son orchestration, quarante ans après la mort de Modeste Moussorgski. Hendrix et ses continuateurs sont en bonne compagnie.

Trop célèbre pour être respecté

Les fans aimeraient bien au moins qu’il y ai une cohérence globale de ces publications. Que comme cela se fait pour les grands jazzmen, les publications soient dans l’ordre chronologiques, que les concerts soient tous publiés dans leur intégralité, les enregistrements de studios préparatoires soient publiés de manières cohérentes et en lien avec leur résultat.
Mais c’est sans doute demander trop. Hendrix, comme les Beatles, excède le genre auquel, il appartient. Il est devenu l’incarnation du guitariste moderne. Il n’y a qu’à voir les hommages. Des chanteurs pop, des bluesmen, des jazzmen, des musiciens classiques, des rappers se sont risqués à reprendre des morceaux ou même à enregistrer des albums complets à la gloire d’Hendrix.
Une publication systématique destinée aux fans n’intéresserait que les fans. Les disques d’Hendrix continuent a être présents dans les bacs des disquaires, souvent en tète de gondole. Sur Amazon, il y a 18 pages de présentations de teeshirt, sans compter les posters, les médiators siglés, etc.
Le dessinateur Uderzo pensait qu’il était le seul à pouvoir dessiner Astérix, et que son petit personnage ne devait pas lui survivre. Puis il s’aperçu que c’était le meilleurs moyen d’être oublié. Il décida donc d’autoriser la reprise de la série par d’autres dessinateurs. De même, le travail de Kramer et de son équipe, leur politique d’édition étrange contribue à maintenir la mémoire du guitariste. C’était sans doute inévitable.

Bibliographie

La bibliographie concernant Hendrix est au moins aussi importante que sa discographie.
Extrayons deux livres en français :

  • Regis Canselier : Jimi Hendrix : le rêve inachevé (Le mot et le reste ; 2010) analyse très détaillée des enregistrements ; Canselier ne s’est pas risqué à expliquer le jeu des publications qui aurait condamné son livre à devoir être perpétuellement mis à jour ;
  • Jean-Pierre Filiu : Jimi Hendrix : le gaucher magnifique (Mille et une nuits ; 2008), courte mais très riche biographie.

Signalons aussi que Hendrix est un héro de Wikipédia, avec biographies, analyse détaillée de chaque disque publié et des principaux titres.

Illustrations

Les illustrations de cette chronique sont des œuvres de Gabi Jimenez.

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